Principe de Peter
17/08/2013 12:32 par professeur_tribo
Ce matin, le professeur pense à son fidèle lectorat qu’il a honteusement négligé ces dernier temps et qu’il ne peut plus longtemps laisser dans la mistoufle intellectuelle. Quelle meilleure occasion que le retour de congés pour oindre son cœur, meurtri par les affres anticipés du travail, du baume de sa pensée prophylactique !
Le professeur propose subséquemment à ses lecteurs de les entretenir du principe de Peter, théorie célèbre dans les années soixante-dix, décrivant les évolutions de carrière par des principes de base simples, puis étudiant les corollaires en découlant.
Les lignes suivantes, extraites de http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Peter, sont destinées au lecteur profane — ou aux connaissances lacunaires sur ce sujet — mais néanmoins avide de se cultiver, le lecteur impatient — ou souhaitant persister à se vautrer dans la fange humide de sa crasse ignorance — pouvant quant à lui se rendre directement à la conclusion apportée par le Corollaires (2).
Principes de base :
- un employé compétent à un poste donné est promu à un niveau hiérarchique supérieur ;
- un incompétent à un poste donné n'est pas promu à un niveau supérieur, ni rétrogradé à son ancien poste.
Corollaires (1) :
- un employé ne restera dans aucun des postes où il est compétent puisqu'il sera promu à des niveaux hiérarchiques supérieurs ;
- par suite des promotions, l'employé finira (probablement) par atteindre un poste auquel il sera incompétent ;
- par son incompétence à ce poste, l'employé ne recevra plus de promotion, il restera donc indéfiniment à un poste pour lequel il est incompétent.
Corollaires (2) :
- à long terme, tous les postes finissent par être occupés par des employés incompétents pour leur fonction ;
- la majorité du travail est effectuée par des salariés n'ayant pas encore atteint leur « seuil d'incompétence ».
Ce brave principe de Peter aurait pu continuer à faire la joie du professeur et de quelques happy few sans plus de conséquences, jusqu’à ce qu’un groupe d’économistes italiens s’en inspirent pour démontrer mathématiquement qu'une organisation gagnerait en efficacité si les promotions hiérarchiques étaient faites plutôt de manière complètement aléatoire.
Cette découverte qui valut à ses auteurs de recevoir un prix Ig Nobel (Ignoble Nobel) à Harvard en 2010 ne pouvait rester plus longtemps ignorée de notre Guide Suprême qui, on le sait, est particulièrement friand de toute forme de management exotique et sexy. Ainsi, la mise en œuvre du principe de nomination aléatoire appliquée depuis déjà quelques temps dans notre belle entreprise – et qui va assurément se poursuivre – éloignera dans les limbes d’un passé heureusement révolu, le spectre hideux de l'impéritie de ses élites.
Tribologiquement vôtre,
Professeur Tribo, unanimement méconnu
Tribo-adhésion
09/06/2013 10:45 par professeur_tribo
Ce matin le professeur pense qu’il n’a pas abreuvé les masses avides de sa prose polymorphe autant qu’expérimentale depuis un bail qui sans atteindre un caractère liturgique — eu égard au côté profane des pensées du jour — approche néanmoins le vénérable.
Le fidèle lecteur habitué aux critiques pertinentes de notre société dont le professeur n’est pas avare, sera déconcerté par le caractère quelque peu triviale de la présente chronique, mais comme il aime le rappeler, le professeur, quoique Tribologue, n’en est pas moins motocycliste occasionnel avec les préoccupations qui s’ensuivent.
C’est donc d’un sujet relatif à la motocyclette, qu’il souhaite entretenir ses fidèles lecteurs, dont un certain nombre s’adonne également à cette coupable pratique. Celui-ci trouvera assurément un sel particulier à son propos, en l’occurrence le décollage du film plastique recouvrant la vignette d’assurance que tout motocycliste respectueux des lois appose usuellement sur le garde-boue avant de sa machine.
Il apparait donc que la MACIF — dont le professeur est le client dévoué depuis un nombre de lustres considérables —, engagée dans une démarche de progrès, à décidé de faire modifier le film autocollant — que dans sa grande munificence elle offre généreusement en accompagnement de la vignette d'assurance —, assurément dans le but d'améliorer la satisfaction de quelques clients pointilleux qui se plaignaient peut-être de la faible adhérence du modèle précédent lorsqu’ils se livraient à de trop vigoureuses opérations de lustrage.
Hélas, lorsque le professeur essaya de décoller le dit film du garde-boue de sa motocyclette, il s’avéra que cette nouvelle mouture y adhérait avec la même force qu'un Nord Coréen au parti de Kim Jong Un !
Il soupçonna subséquemment et in petto que l'étude de cette nouvelle mouture avait été confiée au sadique qui avait précédemment développé le petit ruban rouge de La vache qui rit tellement quand l'aluminium se déchire n'importe comment et qu'on a de la pate à tartiner plein les doigts — ah le salaupard ! —, le même qui avait imaginé le dispositif pervers permettant de ne pas ôter le film plastique d'un CD sans l'aide d'un couteau de cuisine qui coupe tellement super bien qu'on se le plante dans un doigt — mais quelle enflure ! —, celui qui avait placé la valve sur le mauvais côté de la jante arrière de la bavaroise modérément wagnérienne du professeur — du côté où on n'a pas la place de mettre l'embout, l'enfoiré !
Bref, le professeur tenta de gratouiller la chose sans ménagement pour l’intégrité de ses ongles soigneusement manucurés, sans réussir à en décoller la plus minuscule parcelle, parvenant juste à arracher quelques infinitésimaux lambeaux. Soudain très las, il tomba à terre en proie au désespoir, puis à genoux et implora le ciel ... Alors, il entendit une voix qui semblait venir de l’intérieur de son casque et qui disait : l’internet … les forums motards … le forum des bavaroises modérément wagnérienne … la fonction recherche est ton amie …
Tu parles, des conneries, il ne trouva rien avec cette traitresse.
Le professeur se souvenant brutalement de sa qualité de Tribologue, donc de scientifique émérite, envisagea alors différentes solutions plus au moins radicales : l’usage d’essence, de white spirit, d’un sèche-cheveux (peut-être pas après les deux produits susnommés ?), de C4, des saintes huiles, d’un lance-flamme, de Bernard Tapi, du sirop Typhon … Luttant contre son impatience qui était tout de même assez proche de celle d'un Inuit attendant son épouse qui est dans l'équipe de nuit à l'usine d’esquimau du coin, il entrepris un travail de filtration de ces solutions au travers d’un entonnoir muni d’un filtre ad hoc, opération qui lui fit apparaitre celle du sèche-cheveux comme méritant d’être testée.
Alors, sachez le et oyez tous car cette astuce mérite d'être partagée : le sèche-cheveux — outre le fait qu'il vous permettra d’arborer un brushing n'ayant rien à envier à celui de Patrick Swayze dans ce mélodrame Tchekhovien que fut Dirty dancing — oui, cette même saloperie de sèche-cheveux qui a tant encombré lorsqu'il a fallut entasser les effets de Madame (dont 3 paires de chaussures de rechange, tout de même !) dans vos valises lors des préparatif de votre dernier week-end à deux, le sèche-cheveux, donc, est bien l'arme fatale pour décoller un adhésif récalcitrant sans détériorer la magnificence d’un garde-boue de motocyclette. "
Autre leçon, tirée de cette malheureuse expérience, afin de ne pas subir de nouveau cette avanie, ami motocyclettiste, ne colle pas cet immonde adhésif que propose les fourbes compagnies d’assurance dans le but inavoué de casser les ongles de leurs innocents clients, mais utilise plutôt le support si idoine — et non pas le suppositoire — dont tu devras faire l'acquisition, car comme le disait le grand Alexandre Vialatte : "Si tu ne digères pas la soutane, évite de manger le missionnaire".
Avoir du bol (de nouilles)
17/04/2013 19:26 par professeur_tribo
Ce matin le professeur pense à une expression qu’une de ses étudiantes, des plus distraite ou peut-être affligée d’une aphasie des plus remarquable, a récemment énoncée en s’adressant à une personne extrêmement chanceuse : "Toi, tu as vraiment le cul bordée de couilles !"
L’envie de partager avec ses fidèles lecteurs sa jubilation, incite néanmoins le professeur à les mettre en garde contre toute tentative de collusion mentale qui pourrait les inciter à y voir une subtile allusion à des cas de gofurtherite aigue dont furent victimes de nombreux collègues.
Comme disait l’autre, décidemment, il faut qu’on s’organise …
Tribologiquement votre,
Professeur Tribo, unanimement méconnu
Oh dites donc ...
10/04/2013 20:36 par professeur_tribo
Ce matin, le professeur pense aux auditeurs. Non pas ceux qui écoutent la radio pendant les heures de travail et qui ne sont guère remarquables, mais ceux qui contrôlent scrupuleusement que la date apposée sur le formulaire papier correspond à celle saisie dans le système informatique, vérifient que les documents de plus de douze ans d’âge ont bien été détruits — et que la tisane écossaise de la même maturité a été consommée — conformément à la DRIM dont ML. King, lui-même fut un des premiers à promouvoir l’usage et le respect, comme en témoigne son célèbre discours « I have a dream … », s’assurent enfin que tel ordre d’achat pour la commande d’un variateur de puissance n’a pas été suivi de la livraison d’un ratatinordure dernier-cri au domicile de l’émetteur.
En voilà un beau métier ! Toutefois une question taraude certainement les fidèles lecteurs du professeur : comment cette vocation prend-t-elle naissance dans l’esprit d’un individu lambda ? Pourquoi un ou une enfant qui aurait pu ambitionner d’embrasser la carrière de bandit, infirmière, pompier, footballeur, mannequin, policier, institutrice, escroc ou homme politique a pu déclarer un jour : « moi, quand je serais grand, je serais auditeur ! » Soucieux d’éclairer les foules avides de connaissance, de la puissance de ses raisonnements — et désireux de s’exprimer sur un autre sujet que les pénibles rumeurs de possession de comptes en Suisse colportées à son encontre par quelques crypto-trotskistes —, le professeur se doit donc d’établir le profil psychologique de ces êtres qui peuvent se situer à l’extrême limite de la névropathie et qui exprimeront toute leur qualité dans les carrières d’auditeurs, d’huissier de justice ou de contractuels.
Souvent affublé d’un patronyme difficile (souvenons-nous de Maître Jaunatre, officiant au bon déroulement du tirage du Loto, ou encore de Mme Patat, membre d’un cabinet d’audit officiant pour notre belle maison), enfants, ils ont été l’objet de perfides moqueries de la part de leurs petits camarades. Subséquemment, ils désireront, arrivés à l’âge adulte, assouvir un désir de vengeance bien compréhensible et, puisqu’on les a bien fait « chier » jusque-là, seront décidés à bien faire « chier » les autres à leur tours.
Rappelez-vous, lorsque le maitre s’absentait de la classe, c’est à eux qu’était confiée la surveillance de la classe. Souffrant généralement d’handicap, tel que port de lunettes de type culot de bouteille, appareil dentaire démesuré, rachitisme ou embonpoint sévère, leur autorité était alors sérieusement contesté dans le chahut considérable qui s'en suivait. La dénonciation des fauteurs de troubles qui accompagnait le retour du maitre ne pouvait que renforcer l’animosité à leur égard ainsi que leur conviction profonde qu’un jour viendrait où ils tiendraient leur revanche.
Plus tard, sous les drapeaux (pour les garçons), les « têtards à hublot » ou « grands qu’on voit de loin » ou simplement « bouffons », qui avaient fait la prépa militaire et les EOR, tentaient encore d’affirmer leur autorité sur les simples trouffions malgré les séances de « bite au cirage » à répétition — fortement rédhibitoire pour toute tentatives d’accouplement dans un environnement un tant soit peu éclairé —, les « lits en cathédrale » au petit matin et autres vexations.
Tout cela vous forge un caractère. Pensez-y la prochaine fois que vous serez confronté à un des membres de cette espèce auditeuse … Il vous en veut personnellement de lui avoir jeté son appareil dentaire dans les chiottes à la Turc de l’école, de lui avoir pété ses lunettes, de lui avoir fait rater le train alors qu’il partait en permission et que vous l’aviez enfermé dans les WC et de lui avoir piqué la nana qu’il chauffait depuis une heure à coup de cocktails qui lui ont coûtés un bras. Si vous n’avez rien fait de tout ça, tant pis pour vous, car c’est l’heure de la métamorphose des cloportes.
Salut les hommes... et tant pis si je me trompe !
Tribologiquement vôtre,
Professeur Tribo, unanimement méconnu
Grand chantier
30/03/2013 21:11 par professeur_tribo
Ce matin le professeur pense à Xi Jinpin, nouveau Grand Timonier chinois qui a décidé d’accorder un budget en hausse de dix-huit pour cent au ministère de l’environnement afin de lutter contre la pollution des principales villes du pays confrontées à un smog, aussi opaque que persistant, causé par les fumées des centrales au charbon et les gaz d’échappement des automobiles. Le professeur craint pourtant fort que l’aphorisme de Bossuet (1) ne se vérifie encore.
Au même moment, notre Guide Suprême s’attaque lui aussi à un grand chantier : le déploiement du Time Management dans notre belle maison. Il a d’ailleurs exposé son plan d’action — avec l’enthousiasme qui le caractérise quand il s’agit de mettre en place les grands changements qui nous conduiront sur la route fleurie du progrès — lors d’une réunion d’information qui a positivement captivée ses nombreux participants. Au cours de celle-ci, des déclarations, des remarques, des réponses, d’une pertinence lumineuse, d’une fulgurance inattendue, ont put être notées par le professeur qui ne peut que les partager avec ses fidèles lecteurs, tant la hauteur de vue et les analyses pointues l’ont disputé au pragmatisme le moins doctrinaire, mettant fin à la dichotomie théorie-pratique dont nos élites ont été si souvent affectées par le passé.
Par exemple, celle-ci : « nous avons décidé, avec le CODIR, de l’appliquer (le Time Management) de manière intelligente », a ravi le professeur qui ne s’y attendait pas, alors que les habituels contempteurs de notre Leader Maximo grommelaient des « ça va nous changer » ou des « comment ils vont faire ? Ils n’ont pas l’habitude ». D’autres encore, parmi les plus subtilement fourbes, citaient une célèbre devise Shadock (2).
A une question sur les réunions qui étaient collées les unes aux autres et à la difficulté d’arriver à l’heure à la seconde quand les lieux de réunion étaient éloignés, notre Petit Père des Peuples a avoué y avoir réfléchi et conclu qu’il faudrait alors partir plus tôt de la première. Cette réponse simple à une problématique des plus complexe est réellement digne de l’œuf de Colomb et rappelle à ceux qui en doutaient qu’il maîtrise tous les rouages de la logique aristotélicienne.
Enfin, quand, à cette question concernant le fait que plusieurs réunions pouvaient être programmées dans la même tranche horaire, il répondit : « il faudra aller à une seule », il démontrait définitivement sa conception épistémique des problèmes ainsi que son gabarit exceptionnel.
Tribologiquement Vôtre,
Professeur Tribo, unanimement méconnu
(1) « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes. »
(2) « Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. ».
Did you feel it ?
21/03/2013 11:48 par professeur_tribo
Ce matin, le professeur pense de nouveau à ce sibyllin slogan — en fait, pas sibyllin que ça — dont un publiciste pervers a affublé notre belle maison, ses produits et ceux qui les fabriquent.
Pour reprendre les mots mêmes de notre Grand Timonier : le « Go Further » n’est pas encore bien compris ! Les fidèles lecteurs du professeur, quant à eux, font heureusement partie des happy few qui ont eu le privilège, l’honneur et l’avantage d’avoir saisis, dès son avènement, tout le sel et la saveur de ce concept audacieux dont toute la substantifique moelle avait pu être extraite auparavant par le truchement du prisme révélateur de la Tribologie.
Des analyses particulièrement pointues de l’histoire des slogans de la marque, réalisées lors d’un récent conclave par le professeur et quelques-uns de ses disciples les plus imminents, a également permis de révéler l’existence d’un plan secret visant à assurer la gofurtherisation de la planète entière. Il suffit en effet de juxtaposer les différents apophtegmes usités ces dernières années pour se faire une idée du but recherché :
C’est ainsi qu’en 2006 nous étions encouragés dans un premier temps à « Feel the difference », puis en 2012 à « Go Further », sans oublier, entre ces deux dates, la fugitive antienne « Move Forward ». Ce dernier décryptage met donc en lumière le désir ardent de notre entreprise d’augmenter sa pénétration des marchés dans un vaste mouvement viril, jusqu’aux profondeurs de l’empire du milieu — puisqu’elle veut également nous prendre le (marché) chinois.
En tout cas, cette volonté affichée d’aller de l’avant tranche-t-elle avec l’état d’esprit défaitiste régnant dans notre pays de loosers où André Marie, qui fut Président du Conseil, a pu affirmer "L'immobilisme est en marche, il ne s'arrêtera plus ! "
Tribologiquement vôtre,
Professeur Tribo
Unanimement méconnu
Ton éthique est toc !
06/03/2013 11:42 par professeur_tribo
Ce matin, le professeur Tribo pense à la formation portant sur la charte d’éthique de notre belle maison qu’il a eu l’honneur et l’avantage de suivre sur l’intranet et qui lui permettra désormais d’éviter toute situation qui semblerait inconvenante. Il a été frappé par le ton marxisant de ce programme d'éducation, notamment dans cette recommandation : « De manière générale, ne vous servez pas de votre position au sein de la Société afin de vous enrichir personnellement. »
Ah, ils doivent fulminer, les chantres du libéralisme à tout crin qui se cachent parmi les fidèles lecteurs du professeur ! Les Arpagons cupides qui pensaient égoïstement accumuler des richesses scandaleuses par le fruit de leur labeur doivent se rendre à cette cruelle évidence : leur travail — que notre société distribue de manière bien généreuse — ne peut être rétribué que pour assurer leur subsistance dans le kolkhoze qui va être prochainement érigé sur le site, et non pas afin de favoriser un enrichissement personnel éhonté.
Frères lecteurs, le virage trosko-maoiste engagé par notre société et tout entier incarné par notre grand timonier ne fait plus aucun doute et, à l’approche des négociations salariales, le professeur se doit donc de relayer ce message : servons nous de notre position au sein de la Société afin de nous appauvrir personnellement et d’enrichir la collectivité !
Tribologiquement vôtre,
Professeur Tribo, unanimement méconnu
Que faire de notre omnipotent leader ?
04/03/2013 20:07 par professeur_tribo
Ce matin, le professeur pense encore à notre grand timonier dont le silence assourdissant, pour user d’un oxymore célèbre, ne cesse d’inquiéter ses insolents contempteurs qui redoutent l’apparition de nouvelles apories aussi calamiteuses qu’intempestives telle qu’une nouvelle attaque d’escaliéteurite aigue, voire l’émergence imminente d’une enquête interne sur les risques psycho-sociaux en cas de panne des machines à café agrémentée d’un séminaire-atelier sur le bassin d’Arcachon.
D’une part, ses grands chantiers (interdiction de fumer sur le site, arrêt de la consommation de bière au restaurant d’entreprise, contrôle de la hauteur des marches d’escalier) sont derrière lui et le laisse dans une oisiveté funeste — d’aucun l’ont récemment croisé, répétant cette antienne godardienne : « qu’est-ce que je peux faire, j’sais pas quoi faire … » —, d’autre part, les instances dirigeantes de notre belle entreprise n’ont pas su trouver de challenge à la mesure de son gabarit exceptionnel.
Pour sortir de cette impasse, le professeur ouvre une boite à idées que ses fidèles lecteurs mettront certainement un point d’honneur à amender de leurs suggestions les plus pertinentes, sous le titre « recyclons notre Leader Maximo dans un emploi à sa mesure ».
Quelques idées pour démarrer : porte-manteaux (une étude ergonomique devra être menée afin de limiter les risques de TMS), lampe de bureau, objet d’art conceptuel genre Kandinsky, planche à repasser, sémaphore …
Envoyez vos idées, l’émetteur de la meilleure d’entre-elles se verra récompensé par un prix représentant son poids en promesses non tenues.
Tribologiquement vôtre,
Professeur Tribo, unanimement méconnu
A usage interne
12/02/2013 20:32 par professeur_tribo
Ce matin, le professeur pense à cette intervention d’un représentant de la Fédération des Conseils de Parents d’élèves (FCPE), entendue hier sur la France Inter, alors qu’il réagissait aux mouvements protestataires que mène la mouvance trosko-enseignante à l’encontre de la réforme des rythmes scolaires.
En effet, cet éminent représentant de la FCPE, reconnaissant que la substitution du temps d’école par des activités périscolaires nécessitait quelques efforts de la part des collectivités locales — qui n’ont pas forcément les moyens et les financements nécessaires, mais qu’importe puisque le contribuable assurera ces derniers par ses impôts locaux —, a énonçait ce magnifique oxymore : « ce ne sont que des préalables qu’il faudra traiter après coup, lorsque la réforme sera en place. »
Cette aptitude remarquable à renverser les paradigmes prouve définitivement les aptitudes de ce monsieur à juger de l’adéquation des rythmes scolaires de nos chères têtes blondes (désolé pour les autres couleurs).
Ce processus en rappellera peut-être un autre aux fidèles lecteurs du professeur : celui relatif à l’enquête interne (dès que ce mot est employé, le professeur ne peut s’empêcher de surveiller ses arrières : c’est le syndrome go further !) que notre guide suprême fait mine de lancer (elle est probablement imposée par Ford Europe au travers d’un audit GAO) dans l’affaire de corruption Sécometal-FAI. En quelques sortes : maintenant que la justice nous a fournit la liste des coupables, que nous les avons absous dans notre grande magnanimité, hé bien … nous allons enquêter !
Voilà une nouvelle fois démontrée, la grande sagesse de notre souverain pontife, appliquant sans réserve la présomption d’innocence et qui n’est pas du genre à mettre la charrue avant les œufs dans une affaire où il s’agit de marcher sur des bœufs — animaux dont nous pouvons par ailleurs nous flatter de posséder un cheptel considérable intra-muros.
Tribologiquement vôtre,
Professeur Tribo, unanimement méconnu
Habemus Papam
11/02/2013 21:37 par professeur_tribo
Ce matin, le professeur pense à cette démission, tant commentée, de notre guide suprême.
En effet, hier matin, alors qu’il participait à un comité de direction (il parait qu’on doit dire « consistoire ») notre Papa à tous a dû reconnaître son incapacité à bien gérer le ministère qui lui avait été confié. Certains, parmi les plus clairvoyants, avaient bien remarqué quelques moments de lucidité mais le professeur doit cependant avouer sa surprise devant le constat objectif que fait notre leader du déclin de ses capacités intellectuelles — que des esprits chagrins et peu charitables ne manquaient pourtant pas de relever depuis quelques temps.
Voilà, l’heure est maintenant au bilan ; on le compare à son beaucoup plus charismatique prédécesseur dont le souffle avait couché de nombreux pinpins, mais qui, il faut bien le reconnaitre maintenant n’avait pas fait preuve d’autant de lucidité ; on commente l’évènement sans précédent : jamais, il n’y avait eu de démission à ce poste !
Assurément, le CODIR (pardon, le conseil épiscopal) doit déjà préparer l’élection de son remplaçant car certains signes ne trompent pas : Monseigneur Lepéquègne, évêque de Meux a déjà entrepris un travail de lobbysme auprès des membres du conclave ; le cardinal Citroën fourbit ses armes dans l’ombre des antichambres pontificales, tandis que son éminence le cardinal Guignol, éloigné de la papauté par l’actuel pontificat, prépare son retour.
Gageons que ceux qui s’étaient fait les contempteurs de l’actuel souverain pontife ne soit tôt ou tard déçus par ceux qui pensent avoir la légitimé nécessaire pour lui succéder. Afin d’illustrer plus plaisamment son propos, le professeur citera, une fois n’est pas coutume, un ancien journaliste du Figaro, André FROSSARD qui prédisait : « Le mot "légitime" perd toute espèce de sens quand on l'associe à celui d'"ambition". »
Tribologiquement vôtre,
Professeur Tribo, unanimement méconnu
